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Daba Maroc : Pays paysage de cinéma

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novembre 6, 2012 par mediamons

ImageCe titre générique qui qualifie l’ensemble de la sélection consacrée aux cinéastes marocains programmés en communauté Wallonie-Bruxelles à l’occasion du festival « Daba Maroc » rend compte sans doute d’une réalité ambiguë, celle du rôle joué par la beauté des paysages dans le développement du cinéma au Maroc. Dés les années 20, le cinéma colonial y puise déjà les éléments exotiques nécessaires à son succès auprès du public Européen.

En 1921, l’Atlantide de Jacques Feyder adaptation d’un roman de Pierre Benoit tourné dans le désert marocain rencontre un succès qui convainc les grandes compagnies commerciales à investir sur place. Les trente cinq long métrages réalisés sur deux décennies par des réalisateurs français montrent les marocains comme des éléments du décor valorisant le colonisateur. L’image fantasmée du Maroc est consacrée par deux films Américain au succès international : cœurs brûlés (1930) et bien sur Casablanca (1942). Cette situation a cependant un avantage qui est la création en 1939 de studios à Casablanca et en 1944 d’un réseau de salles dans les centres urbains.

Cette tendance a perduré, en 1954 Orson Welles tourne son « Othello » sur les murailles d’Essaouira. Citons aussi parmi les films les plus remarquables « l’homme qui en savait trop » d’Alfred Hitchcock en 1956, « Laurence d’Arabie » de David Lean en 1962, Oedipe roi de Pier-Paolo Pasolini en 1967, la dernière tentation du christ et Kundun de martin Scorsese en 1988 et 1997. La création dés le début des années 2000, des studios de tournage d’Ouarzazate répondants aux normes internationales va plutôt permettre la production de blockbusters dont l’action se situe dans l’antiquité ou le moyen-âge (Gladiator, mission Cléopâtre, Alexandre, Kingdom of heaven…) ainsi que des films commerciaux inscrits dans des paysages désertiques ou moyen oriental.

Les seuls films  internationaux qui aient un rapport réel avec le Maroc sont surtout « un thé au Sahara » (1990) de Bernardo Bertolucci qui adapte le roman de Paul Bowles et dans une moindre mesure « Babel » (2006) de Alejandro Innaritu ainsi que le fade « Marrakech express (1998).  Par contre des cinéastes français ont posés un regard personnel.  André Téchiné réalise à Tanger deux films qui montrent des personnages en équilibre instable entre deux cultures : « loin » en 2001 et « Les temps qui changent » en 2004. Un regard critique sur les relations ambiguës entre français et marocains qui trouve son aboutissement chez Jacques Doillon dont le film « Raja » (2003) décrit la relation entre un français d’âge mur et une jeune marocaine, très mal accueillit au Maroc il ne sera quasi pas distribué en France.

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Le Cinéma marocain existe en dehors de cette présence extérieure, c’est bien sur ce que montre aussi la sélection du festival « Daba Maroc ». Le pays compte un centre cinématographique, un système de subventions qui permet la production de plusieurs longs métrages par an,  une cinémathèque et plusieurs festivals internationaux.

Fait notable, un nombre important de femmes réalisent ou produisent des films  particulièrement incisifs comme Narjiss Nejjar (Les yeux secs, l’amante du rif) distinguée au FIFF de Namur ou Leïla Kilani remarquée à Cannes en 2011 à la quinzaine des réalisateur pour «  Sur la planche » un film qui a reçu depuis de nombreux prix  dont celui du jury à Bruxelles en 2011 et le grand prix à Tanger en 2012. Il relate sans concession le quotidien de quatre jeunes femmes ouvrières des usines de textiles et de pêcherie de Tanger. Un film subversif et politique dans la ligne de ses précédentes œuvres documentaires. Ce film dont la sortie est enfin annoncée en France ne devrait pas tarder à être programmé chez nous.

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Article à propos du film « Sur la planche » dans:

Ciné Club  

Le Monde

Il faut également citer Selma Bargach (la 5ème corde) ou Laïla Marrakchi ( Marock), Souad el Bouhati   ( française) et surtout Yashmine Kassari  formée  à l’INSAS de Bruxelles auteure d’un documentaire : « quand les hommes pleurent » et d’un magnifique long métrage : « L’enfant endormi » que la RTBF à eu la bonne idée de programmer dans le cadre du festival « Daba Maroc » mais que l’on trouve également à la médiathèque .

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Le festival  a programmé «  la liberté, ma mère » le nouveau film  de Hadja Lahbib. D’origine Algérienne, la réalisatrice, journaliste et présentatrice à la RTBF déjà auteure du remarquable  documentaire « le choix des femmes » rend  hommage aux Marocaines immigrée de la première génération. Enfin citons encore la documentariste Dalila Ennadre programmée aux halles de Schaerbeek,  Farida Benlyazid à la cinematek  et la belgo-Marocaine Kadija Leclere (le sac de farine) au FIFF de Namur. Le travail documentaire d’Izza Genini sur les musiques traditionnelles Marocaines est incontournable nous en proposons une sélection en DVD dans la mise en évidence que nous consacrons  au cinéma et au documentaire Marocain à l’occasion du festival.

« Le fils maudit » de Mohamed Ousfour  est  en 1958, le  premier long métrage réalisé par un cinéaste marocain mais les films vraiment fondateurs d’une cinématographie marocaine sont « soleil de printemps de Latif Lahlou (1969), « traces » de Hamid Benani (1970) et « les milles et une mains » de Souheil Ben Barka (1971). Ce sont des films à fort contenu social. C’est aussi comme le constate la rétrospective historique de la cinematek que le cinéma devient un moyen de résistance pour les réalisateurs.  « Mirage » de Ahmed Bouanani ( 1979), «  Le coiffeur des quartier pauvres de Mohamed Reggab,« une porte sur le ciel » de Farida Benlyazid, «  femmes et femmes » de Saad Chraïbi, jusque « Ali Zaoua ; Prince de la rue » de Nabil Ayouch  qui réalise en 2000 un portrait d’enfants des rues de Casablanca entre onirisme poétique et  violence du réel.  En 1978 Ahmed El Maanouni était le premier cinéaste marocain en compétition à cannes avec « Alyam alyam »et  en 1981 il connaissait un vrai succès populaire avec le documentaire fiction « transes » consacré au groupe musical « Nass el Ghiwane». Un film qui sera le premier à être restauré par la world cinéma fondation  en 2007.                                                                                                                                                             La reconnaissance internationale, Faouzi Bensaidi  auquel  la « cinematek » consacre une rétrospective va l’obtenir dés son premier court métrage, la falaise en 1997, en 1999 cet acteur et metteur en scène de théâtre coécrit avec André Téchiné le scénario de « Loin » et en 2003 il obtient  le prix premier regard et celui de la jeunesse au festival de cannes pour « mille mois »  chronique sensible de la vie villageoise au début des année 80 vue au travers des yeux d’un enfant de sept  ans. Le film y inscrit avec beaucoup de justesse une toile de fond politique et religieuse tragique.

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Il n’est pas le premier  à introduire une critique explicite du régime politique et de l’extrémisme religieux. Abdelkader Lagtaa qui a vu son précédent  film  «  la porte close » censuré, l’aborde avec ironie sous l’angle d’une comédie : « Les casablancais » (2001) sans renoncer à la dénonciation d’un système fondé sur la suspicion, le mépris du droit et la répression des mœurs.

Mis à l’honneur par le festival  comme photographe et comme cinéaste, Daoud Aoulad Syad  revendique également  une démarche qui  se sert  de l’humour généré par l’absurdité puisée dans la réalité pour aborder les mêmes thèmes en évitant une frontalité trop réductrice. « Le cheval de vent », « en attendant Pasolini » et « la mosquée »(2010) son dernier film  qui a fait écrire à Guillaume Richard sur univers ciné qu’il y avait du marxisme chez Aoulad-Syad, tendance Karl et tendance Groucho.

UniversCine Belgique

Les Halles

RTBF Culture

Citons encore Nour –Eddine Lakhmari  réalisateur entre autre de « casanegra » portrait de la ville de Casablanca  où se côtoie misère et richesse, violence et humour  au travers du parcours sans avenir de deux amis d’enfances. « Marock » de laïla Marrakchi donne aussi une vision inhabituelle d’une  jeunesse Marocaine moderne et occidentalisée mais située dans les milieux huppés de la même ville. Si ces deux films  se montrent en apparence transgressifs par rapport au conservatisme moral de la société Marocaine  ils n’évitent pas non plus les clichés. « casanegra » hésite entre film noir et comédie sans vraiment traiter les questions qu’il soulève, quant à « marock » il manque sans doute d’un point de vue clair, cependant les deux films offrent quelques scènes justes et intéressantes.

Le thème de l’exil  et du rapport entre les générations est  au cœur des films des cinéastes  Français ou Belges d’origine Marocaine. Ismaël Ferroukhi  avec « le grand voyage » et  Hassan Legzouli  avec « Tenja » en 2004. Deux films sobres et justes  qui questionnent les rapports de filiation.

Dans « française » en  2008 Souad el Bouhati  traite avec nuance et finesse  la thématique de la double identité culturelle mais surtout celui de l’émancipation de la femme.

La Plume Francophone

En Belgique  remarquons que l’INSAS a formé un certain nombre de cinéastes d’origine marocaines  tel Hassan legzouli, Yashmine Kassari, et le conservatoire de Bruxelles, Kadija Leclere et la comédienne Lubna Azabal.                                                                                                                                       N’oublions pas  les cinéastes Belges d’origine Marocaine : Mourad Boucif (au delà de Gibraltar, la couleur du sacrifice) et Nabil Ben Yadir réalisateur  du très remarqué : « les barons ».

Sélection « cinéma Marocain » à la médiathèque de Mons.

Une proposition de titres disponibles en version DVD ou VHS qui permet de visionner des films importants que l’on peut compléter avec  des titres supplémentaires disponibles sur univers ciné.

En VHS

« Une porte sur le ciel » de Farida Benlyazid  VU8791.

« La plage des enfants perdus » de Jillali Ferhati  VP3505

« A la recherche du mari de ma femme » de  Abderrahman Tazi  VA1983.

En DVD 

« Les casablancais » de Abdelkader Lagtaa  VC0620.

« Mille mois «  de Faouzi Bensaidi. VM3711.

« Ali Zaoua » de Nabil Ayouch  VA2046.

« Tenja » de Hassan Legzouli  VT0132.

« Casanegra » de Nour-Eddine Lakhmari  VC1245.

« Marock » de Laila Marrakchi  VM0471

«  L’enfant endormi » de Yashmine Kassari VE0095.

« Française » de Souad el Bouhati VF0421.

«  Le Gand voyage » de Ismaël Ferroukhi VG0032.

«  Au-delà de Gibraltar »  de Mourad Boucif / Taylan Barman  VA8207.

« Les Barons » de Nabil Ben Yadir VB0886.

« Un thé au Sahara » de Bernardo Bertolucci. VU4816.

«  Loin «  d’André Téchiné  VL5733.

Une sélection de documentaires

La productrice et réalisatrice Izza Genini  se consacre depuis plus de quarante ans principalement à la découverte des musiques de son pays. Née au Maroc puis immigrée en France, elle va redécouvrir ses racines culturelles avec passion. Elle sera la productrice en 1978 d’Ahmed El Maanouni premier cinéaste marocain en compétition à cannes avec « Alyam alyam ». En 1980 suite à sa rencontre avec le groupe « Nass El Ghiwan »  elle  encourage le même cinéaste à réaliser le  documentaire fiction « transes » consacré au groupe. Le film connait un succès populaire sans précédent  au Maroc car la productrice voulait absolument dépasser la simple captation documentaire des concerts et faire apparaitre les liens particuliers empreint à la fois de traditions et de modernités qui se tissent entre les musiciens et leur public. Ce film a tellement  impressionné Martin Scorcèse qu’il utilisera la musique du groupe pour son film « la dernière tentation du christ » qu’il tourne au Maroc en 1988. « Transes » sera donc  logiquement  le premier  film restauré par la world cinéma fondation » qu’il préside et  présenté à cannes dans cette version en  2007. Dans le « détours N°7 » d’octobre, la médiathèque salue l’édition en DVD  de ce film. Il paraissait donc logique que nous en proposions une projection à la maison folie de Mons dans le cadre de « Daba Maroc ».

Confortée par le succès de « transes », Izza Genini  est fascinée par l’omniprésence au quotidien d’une mosaïque de traditions musicales très riches. Elle décide de réaliser une série documentaire   qui  permettra  de collecter et d’immortaliser ce patrimoine musical. Cet itinéraire  intitulé « Maroc corps et âmes » compte onze films d’environ une demi heure qui sont traversés par les courants berbère, andalou, juif, arabe et celui de l’Afrique noire.  La collection complète est éditée en quatre DVD. « Transes Marocaines » concerne les influences de l’Afrique noire  au travers des  confréries soufies et principalement des Gnaouas. « Danses et cadences Marocaines » regroupe les expressions musicales arabes et andalouses. « Fêtes et fantasias au Maroc » aborde les traditions berbères. Enfin « racines judéo marocaines » comme le nom l’indique, les traditions juives. « voix du Maroc » est un itinéraire musical qui synthétise les quatre précédents il est édité avec « tambours battants » qui part à la recherche de la source profonde des rythmes et des liens spirituels qui unissent les différentes cultures déjà citées.

Maroc corps et âme : « transes Marocaines »  de Ahmed el Maanouni et Izza Genini / TB5016.

Maroc corps et âme : « danses et cadences Marocaines » de Izza Genini  TB2365.

Maroc corps et âme : « Fêtes et fantasias au Maroc » de Izza Genini  TJ4271.

Maroc corps et âme : « racines judéo-Marocaines » de Izza Genini  TJ7573.

« Voix du Maroc » de Izza Genini  TB8842.

« Transes » de Ahmed El Maanouni  TB8121.

« wijdan, le mystère de la musique de transe des gnawas  de John Allen  TB8971.

Ivan Boccara est  un photographe et documentariste n é en 1968 à Marrakech qui  réalise un travail  que l’on pourrait qualifier d’ethnologique même si ce terme peut avoir une connotation réductrice.  Il met en évidence   les relations  à la fois simple et complexe qu’entretien une famille Berbères  isolée dans l’atlas marocain avec son environnement dans le cadre d’une économie d’autosuffisance.

Mount Tania-Mourir deux fois d’Ivan Boccara TJ6171.

Tameksaout, la bergère d’Ivan Boccara   TJ8681.

Jawad Rhalib Belgo-Marocain  d’origine est diplômé en communication  de l’université de Louvain-la-Neuve et  en réalisation à la radio télévision Marocaine. Il est l’auteur de plusieurs documentaires  sur l’exploitation des immigrés clandestins ainsi que sur les problèmes environnementaux rencontrés par les pécheurs Marocains. Un film qui a obtenus différents prix dont celui du public au « festival vision du réel » de Nyon.

« Brûler,disaient-ils … ou les raisons de la colère » de Jawad Rhalib   TJ1335.

« El Ejido, la loi du profit » de Jawad Rhalib. TJ3142.

« Les damnés de la mer » de Jawad Rhalib. TM0656.

Citons aussi une série de documentaires  qui abordent des sujets historiques de politiques intérieures ou d’immigrations.

« Ben Barka, l’équation Marocaine »  de Simone Bitton TH0832

« Passeurs d’entre deux rives » de Najib Dhoum  TJ6905.

« Place Belgique » de Foued bellali  TJ7241.

« Vivre à Tazmamart » de Davy zylberfajn TH9635.

Enfin terminons avec quelques excellents  documentaires informatifs  sur les lieux culturels et le voyage.

« Maroc-DVD-Tanger-Marrakech-Maroc du sud «  de serge Moati/Evelyne Ragot/soizic et willy kaltex. TS1515. Trois documentaires de la collection carnets de voyage aux éditions Montparnasse extraite de la série « voyages voyages » produite par « Arte ».

« Maroc, voyages d’orient » de olivier Charpin TS5480. Une compilation de six documentaires  produits par la « cinq ».

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