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Filmer à tout prix

décembre 3, 2013 par mediamons

aLa quinzième édition du festival du cinéma documentaire de Bruxelles s’est déroulée du 4 au 17 novembre, dans différents lieux de la capitale et  notamment à la « cinématek » où une sélection de documentaires rares consacrés aux peuples ‘’ Roms » était présentée. La compétition et la programmation classique du festival avait eu lieu la semaine précédente à Flagey.  Outre une compétition Belge et internationale, des focus «  découverte »  autour de quelques figures importantes du cinéma documentaire étaient présentés :  Le polonais Bogdan Dziworski, l’indien Anand Patwardhan et l’américain Ross McElwee.  Quatre films de ce dernier étaient projetés mais faisait aussi l’objet d’une édition « documentaire sur grand écran : www.lescollectionsparticulieres.com.                                                                                            

En assistant à la projection de son dernier film, « Photographic mémories », j’ai découvert  un cinéaste de l’intime qui nous fait partager ses propres expériences de vies au travers du recyclage surprenant de ses films familiaux. Ces « Homemade Movies » tournés seul en caméra portée, remontés  et commentés en voix off subjective se révèlent  extrêmement personnels. A partir d’un matériel photographique et cinématographie originellement tourné sans projet précis dans  le contexte purement mémoriel du quotidien familial, le cinéaste réussit grâce à un texte soutenu par un humour teinté de mélancolie, une mise en abime touchante de sa propre existence. « Backyard »(1984), « Time indefinite » (1993), « Bright leaves » (2003) et « Photographic memory »(2011) fonctionnent sur le même procédé et distillent la même « petite musique », qui transfigure la banalité du quotidien en réflexion puissante et sensible sur le sens de la vie, la relation à la mort ou les rapports de filiation.

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Par chance, j’ai pu aussi assister lors de la soirée du 7 novembre à la projection de deux films primés. « Anima » de Simon Gillard  produit par l’INSAS est le film de fin d’étude d’un jeune cinéaste qui impressionne par sa recherche formelle. Le travail technique sur l’image et sur le son réussit à créer une atmosphère sensorielle immersive  et  cette approche esthétique du quotidien d’une famille Burkinabé ouvre une porte sur cette zone étroite où la réalité touche à une perception poétique du monde. Bien sur cette approche pourra être jugée discutable mais les jurés du festival y ont été sensibles puisque ce film reçoit deux prix dont celui du format court. « Ici rien » de Daphné Hérétakis  a lui remporté le prix de la sabam. Tourné en super 8, c’est aussi un film très formel sur un sujet très politique puisqu’il concerne la situation de crise en Grèce. Film de fin d’étude également, il donne à voir aussi que malgré la différence de support (numérique et analogique) la recherche formelle vient en préalable mais réussit à faire passer un contenu. Projeté la veille, « sobre de las brasas » de la cinéaste boraine Bénédicte Liénard  associée à Mary Jiménez a également obtenu un prix.

 

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Mary Jimenez est précisément, l’une des 20 cinéastes sélectionnées dans l’ouvrage collectif « regards sur le réel » 20 documentaires du 20e siècle édité par Yellow now/coté cinéma et la cinémathèque de la fédération Wallonie-Bruxelles. « Du verbe aimer » réalisé en 1984 est aussi une autobiographie, un cinéma du « je » pas si éloigné de celui de Ross McElwee mais aussi d’autres cinéastes de Belgique qui comme le souligne Jacqueline Aubenas, « n’a pas été avare en cinéastes qui se tiennent au centre de leur œuvre ou tournent autour de leur vie ». On pense bien sûr d’abord surtout à Boris Lehman (présent à la projection de « Photographic mémories) mais aussi à Chantal Akerman, Claude Pazienza ou à Eric Pauwels. Cet ouvrage qui n’oublie pas les figures fondatrices que sont Henri Storck, Paul Meyer, Edmond Bernhard ou Luc de Heusch, remet aussi en vue des cinéastes trop discrets, un peu oubliés mais pourtant importants comme Jean-Jacques Adrien, Olivier Smolders ou Thierry knauff. Ce tableau de groupe qui réaffirme les fondamentaux d’une riche « école belge du « cinéma documentaire » donne à voir également un savoir-faire éditorial et une qualité d’écriture propre à la critique cinématographique en Belgique francophone.

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Depuis trois décennies, le festival lui-même témoigne par la qualité constante de sa programmation d’une transmission intergénérationnelle de cette spécificité.   Le public présent révèle aussi l’intérêt des étudiants des écoles comme l’INSSAS ou l’IAD pour le ce type de cinéma. Les différentes rencontres qui tournaient autour de la thématique de l’action politique. Avec « poésie et politique dans le cinéma documentaire », « le cinéaste et son territoire » ou « Artivisme : Se faire entendre à tout prix » montrent que le festival reste aussi bien ancré dans la réalité actuelle et en phase avec les évolutions sociétales.  C’est aussi historiquement cette forte implication sociale qui transpire de la sélection « regards sur le réel : 20 documentaires du 20e siècle » et en fait un ouvrage indispensable.

  

Treize des vingt films retenus sont présent en édition DVD dans nos collections.

Images d’Ostende d’Henri Storck TJ8502

Alechinsky d’après nature de Luc de Heusch TC0400 / TC0401.

Lorsque le bateau de Léon M. descendit la Meuse pour la première fois de Jean-Pierre et Luc Dardenne TD2421.

Cantique des pierres de michel Khleifi VC1656.

A la recherche du lieu de ma naissance de Boris Lehman TW4211.

Les amants d’assises de Manu Bonmariage TJ1262.

D’est, sud, de l’autre côté de Chantal Akerman. TW0505.

Marchienne de vie de Richard olivier  TJ5640.

Gigi, Monica…et Bianca de Benoit Dervaux et Yasmina Abdellaoui. TJ2821.

Tableau avec chutes de Claudio Pazienza. TW5821.

Le rêve de Gabriel d’Anne Lévy-Morelle. TJ5338.

Mobutu, roi du Zaïre de Thierry Michel. TH6022.

Lettre d’un cinéaste à sa fille d’Eric Pauwels. TW5803.

Tous les films de la compétition belge du festival « filmer à tout prix » sont disponibles en VOD sur le site d’Universciné : http://www.universcine.be/

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