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Carte postale cinéma « Ailleurs en folie : Londres »

février 24, 2015 par philippemeunier

Parler de Londres à partir des images du cinéma nécessite un travail particulièrement ardu de sélection. La ville serait en effet l’une des plus filmée au monde après Los Angeles et New-York.

C’est ce que signale une excellente sélection réalisée par la bibliothèque du cinéma François Truffaut de Paris qui répertorie 181 références de films de fictions, séries, films documentaires et expérimentaux.

Encore peut-on ajouter à cette liste quelques films importants comme par exemple « high hopes » et « another year » de Mike Leigh, « it’s a free world » de Ken Loach, « wonderland » de Michael Winterbottom, « deep-end » et « travail au noir » de Jerzy Skolimowsky, « Beautiful people » de Jasmin Dizdar, « rude boy » de Jack Hazan, « Privilege » de Peter watkins ou « don’t look back » de D.A. Pennebaker…

Le montage que nous avons réalisé dans le cadre des « ailleurs en folie Londres » est structuré en trois parties qui compte 32 extraits de films de fiction, documentaires ou expérimentaux pour une durée de plus ou moins 55 minutes.

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La première partie intitulée «  thriller & music » ne fait évidemment pas le tour de la question mais commence dans un lieu musical emblématique de la capitale anglaise : le royal Albert Hall que l’on retrouve dans deux extraits du montage. Dans la version de 1955 de « l’homme qui en savait trop » d’Alfred Hitchcock, la scène clé est un exemple étonnant de l’utilisation de la musique comme élément de l’intrigue. Bernard Hermann le compositeur y joue son propre rôle de chef d’orchestre. « Match point » premier des trois films que Woody Allen réalise à Londres entre 2005 et 2007 prend la forme inhabituelle chez lui du thriller et la passion du personnage principal pour l’opéra y est un élément non négligeable. « Together » de Lorenza Mazetti et « Momma don’t allow » de karel Reisz et Tony Richardson sont des courts métrages réalisés en 1956 dans la mouvance du « free cinéma » qui révèlera quelques cinéastes britanniques majeurs de la fin du 20ème siècle. Ce sont des films d’une grande valeur documentaire et artistique. On y assiste à d’étonnantes chorégraphies musicales aux prémices du rock et à la prédominance du jazz comme musique de danse à cette période. « Absolute beginners » réalisé par Julian Temple en 1985 situe en fait son action en 1958 une période charnière dont l’effervescence artistique débouchera sur la période du « Swinging london » dont le stylisme et la photographie sont des éléments importants. Le réalisateur Londonien auteur notamment de films sur les « sex pistols » y montre également le phénomène de la violence entre bandes de jeunes dont les « mods » sont représentatif à cette époque. Les « who » filmé en concert en 1964 par Chris Stamp et Kit Lambert au Railway hotel qui s’appellent encore alors les « high numbers » sont liés à ce mouvement. Dans « blow-up », Antonioni filme en 1966 le « swingin London » dont il est question plus haut. Pour La scène de concert que nous avons sélectionné, le cinéaste qui aurait voulu filmer les « Who » s’est finalement contenté d’un autre groupe londonien, les « yardbirds ». Détail intéressant le cinéaste a demandé à leur guitariste Jeff Beck de copier le jeu scénique de celui des « Who », Pete Townshend qui avait l’habitude de détruire sa guitare à la fin de chaque Concert. Nous retrouvons la salle du royal Albert hall avec Bob Dylan filmé lors de sa tournée Anglaise en 1965 par D.A. Pennebaker dans son célèbre documentaire « Don ’t look back ». En 1967, « Privilège » de Peter Watkins qui dénonce la construction médiatique du star système a été très mal reçu. « Rude boy » signé par Jack Hazan en 1980 est sans doute l’un des meilleurs films sur le « Punk ». Le cinéaste y adopte une forme hybride de fiction où des artistes, ici les musiciens du groupe « the clash » joue leur propre rôle comme il l’avait fait déjà avec le peintre David Hockney dans « a bigger splash ». Enfin « 9 songs » de Michael Winterbottom présente aussi une forme particulière puisqu’il alterne l’histoire d’amour d’un couple qui se rencontre lors d’un concert rock au « carling Brixton academy » de Londres et le passage dans cette salle des différents groupes en 2005.

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La seconde partie : « mutation & population » cherche à mettre en évidence des évolutions mais aussi les constantes de l’architecture et des paysages et comment les populations s’y inscrivent. Le sort des enfants ou les adolescents laissés à eux-mêmes est souvent évoqué: Together, one potatoes, two potatoes, sommers town, deep-end. On peut voir l’évolution de l’immigration à partir des années 50. En provenance des pays de l’est dans « refuge England » (1959) et « travail au noir » (1982). Venant d’Afrique ou d’Asie dans «  rif raf » (1990), «  dirty pretty thing » (2003), it’s a free world » (2007) et « London river » (2009). Avec des thématiques récurrentes comme l’évolution perceptible les conditions de travails et les difficultés d’intégrations des populations. Les réalisateurs issus du mouvement « free cinéma », le réalisateur Polonais Jerzy Skolimowsky ainsi que les cinéastes britanniques, Ken Loach et Stephen Frears que l’on retrouve dans cette sélection sont fortement concernés par les problématiques sociales. Architecte de formation, Patrick Keiller signe avec « London » (1992), un étonnant essai cinématographique, personnel et polémique sur la ville.

5La dernière partie «  tears & smile «  rend hommage en grande partie à Mike Leigh dont un des premiers films « Meantime » sera projeté à la maison folie.6 La thématique évoque sa capacité très personnelle à évoluer aussi bien dans la description de situation dramatique ou à la limite du sordide ( naked) que dans la fantaisie et l’humour ( Be happy, high hopes, another year), du cynisme et du désespoir aux rapports humains chaleureux.

7Le montage se clôture par un court métrage « jaunt » (virée) réalisé en 1995 par Andrew Kötting vagabondages caustique préfigurant «  swandon » qui sera projeté à la maison folie le 22 février.

Une mise en évidence « Londres au cinéma » sera disponible dans le centre de prêt de la médiathèque jusqu’à la fin mars. Outre les films cités et une mise en évidence sur Mike Leigh, vous trouverez des documentaires sur les écrivains, les peintres, les stylistes londoniens.

Quelques propositions pour  sortir des sentiers battus :

« Free cinéma » : Un coffret rassemblant les films réalisés entre 1953 et 1963 par les jeunes cinéastes regroupé dans le mouvement «  free cinéma », nouvelle vague britannique qui révéla des cinéastes comme Lindsay Anderson, Karel Reisz, Tony Richardson… TJ4331.

« Les carnets de route » de François Busnuel : « Les mystères de Londres » et « L’autre Londres ». Découverte de la ville avec pour guide les écrivains qui y vivent. Une image bien éloignée des clichés. TA1392/ TA1393.

« London » de Patrick Keiller : » Un essai cinématographique hors du commun réalisé par un architecte de formation qui a depuis réalisé plusieurs installations audiovisuelles notamment pour la « Tate gallery » ou « le Fresnoy ». TW3821.

Deux courts métrages extraits d’une compilations «  cinéma 16 : British short films » : « Inside out » de Tom& Charles Guard ( 1999) et « Je t’aime John Wayne » de Toby macdonald ( 2000). VX4523.

Shoot shoot shoot : British avant-garde film of the 1960 & 1970s : Les films et vidéo d’artistes produits par la « London film-makers’ co-operative ». Voir «  Broadwalk » de William Raban. TW7241.

« The Firm » de Alan Clarke : Le Londres des années 80, un portrait du hooliganisme par un cinéaste à part. VF0707.

« Tell me lies » de Peter Brook (1968). VT0715.

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