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Carte postale cinéma « Ailleurs en folie: Milan »

mai 19, 2015 par mediamons

Dans le cadre des « ailleurs en folie » sur Milan, une sélection de films qui ont pour point commun de prendre pour cadre la ville de Milan ont été projetés au « Plaza-art » et à la « maison folie »  du 9 au 17 mai (Mini love film festival).

A priori, on pourrait penser que le cinéma italien comme la production internationale ont plus souvent situé le cadre de leurs films dans des villes comme Rome ou Venise, voire Naples ou Florence. Dans certains cas ces villes deviennent elles-mêmes le sujet principal comme dans « Roma » de Federico Fellini ou « mort à Venise » de Luchino Visconti mais si l’on n’est pas dans la même perspective pour Milan dont le cadre esthétique est moins exploitable, il faut admettre que plusieurs films importants y ont été filmés et que les grands mouvements du cinéma Italien ont utilisé le cadre de la capitale Lombarde.

amoreEn 1932, Mario Camerini réalise « Les hommes, quels mufles » (Gli uomini, che mascalzoni), une comédie à caractère social dont Vittorio De Sica est l’acteur principal. Alors qu’à l’époque on tournait presque entièrement en studio, ce film est réalisé en décors extérieur en grande partie à Milan. 

En 1950, la sortie du premier film de Michelangelo Antonioni «  Chronique d’un amour »  révèle une jeune actrice milanaise Lucia Borloni plus connue sous le nom de Lucia Bosé qui sera sa première égérie. La carrière de celle-ci est aussi liée à un autre grand réalisateur Italien, Luchino Visconti qui la découverte quelques années auparavant alors qu’elle travaillait dans une pâtisserie milanaise. Fils d’une grande famille de la noblesse Milanaise, Luchino Visconti essaiera vainement de lancer la carrière de la jeune actrice issue de la banlieue pauvre de la ville. On peut voir dans leur relation une métaphore des relations sociale dans la métropole Lombarde telle qu’elle apparait dans plusieurs films des années 50. Dans « chronique d’un amour », elle incarne la jeune et jolie épouse d’un riche industriel Milanais. En 1953, dans le second film d’Antonioni, «  La dame sans camélia » elle est vendeuse dans une boutique Milanaise où elle est remarquée par un producteur de cinéma qui l’épouse et lance sa carrière d’actrice. La même année, Vittorio Cottafavi réalise avec Barbara Laage une relecture de « la dame au camélia » dans « fille d’amour » (Traviata 53). Là encore, la rencontre entre le fils d’un industriel et une jeune et jolie prostituée milanaise est aussi vouée à l’échec. Par la dénonciation de la condition de la femme et des rapports de classes, ces mélodrames sociaux sont proches du « néo-réalisme », mouvement phare du cinéma italien entre 1943 et 1955. « Chronique d’un amour » emprunte au film noir mais il décrit les tensions sociales entre le prolétariat et la classe privilégiée qui profite du miracle économique de l’après-guerre dans les grandes villes du nord comme Milan. Ce miracle tourné en dérision par Vittorio de Sica en 1951 dans « Miracle à Milan » , une des comédies sociales que l’on pourrait classer autant dans le néo réalisme que dans « la comédie à l’italienne », mouvement qui va se développer parallèlement dans les années 50 et 60 en partie en réaction à la vision unilatéralement dramatique du premier et qui porte un regard plus ironique sur la réalité Italienne de l’après-guerre.men 

C’est aussi dans ce mouvement que s’inscrivent en 1959, « Hold-up à la milanaise » réalisé  par Nanni Loy comme suite au « Pigeon » de Mario Monicelli ou «  Le veuf » (Il vedovo) du réalisateur Milanais Dino Risi qui tourne en dérision l’affairisme de la classe des grands capitaines d’industrie de sa ville d’origine.

Début des années 60, Milan sert pleinement de cadre à deux chefs d’œuvres du cinéma Italien.tr «  Rocco et ses frères »  de Luchino Visconti qui s’inscrivant dans la continuité du Néo-réalisme » décrit les difficultés d’une famille originaire du sud à s’intégrer aux dures réalités de la vie urbaine de Milan. « La nuit » de Michelangelo Antonioni qui sort en 1961 est un drame de l’incommunicabilité situé dans les milieux littéraires liés à la haute bourgeoisie de la capitale lombarde. C’est l’actrice française Jeanne Moreau qui interprète le rôle principal des deux films et on peut noter également que la musique est signée par deux grands compositeurs originaires de Milan : Nino Rota pour le film de Visconti et Giorgio Gaslini pour celui d’Antonioni.La_notte_(1960)_Antonioni

Dans les années 60 se développe la production de « films à sketches », compilation de comédies souvent à vocation érotiques. « Boccace 70 »  sorti en 1962 rassemble quatre adaptations de contes pour adultes de Boccace dont le premier «  Renzo et Luciana » signé par Mario Monicelli se situe à Milan. En 1964, dans « Hier, aujourd’hui et demain »  de Vittorio de Sica qui rassemble trois récits sur le couple, la sexualité et le pouvoir c’est le second et enfin c’est aussi le cas pour le septième conte de « sexe fou »  (Senssonatto) réalisé par Dino Risi en 1973.a

La fin des années 60 et les années 70 voient le développement du « film politique » dont un  nombre important se situe à Milan. « Théorème »  de Pier Paolo Pasolini qui fit scandale à sa sortie en 1968 est une critique radicale de la bourgeoisie. En 1972, « Viol en première page » de Mario Bellocchio dénonce les rouages d’une manipulation médiatique. Il est interprété par Gian Maria Volonte, acteur emblématique de ce courant politiquement engagé qui vient d’être distingué pour ses rôles dans les films d’Elio Pétri : « Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçons » et « La classe ouvrière va au paradis » tourné dans une usine de Novare.

En 1974, Lina Wertmüller conclut avec « Chacun à sa place et rien ne va »  une trilogie féministe et politique dont la thématique commune est l’intégration des provinciaux du sud dans les grandes villes du nord. « Romances et confidences » (Romanzo populare) réalisé par Mario Monicelli en 1974 traite aussi du conflit « nord-sud », des tensions sociales et de l’émancipation de la femme. On peut également citer d’autres films qui ont développé ces thématiques comme « il posto » d’Ermano Olmi (1961), « La vie aigre » de Carlo Lizzani (1964) et « un vrai crime d’amour » de Luigi Comencini (1974) , tous situés à Milan.silvio

Il faut se projeter quelques décennies plus tard  pour que la ville serve de nouveau de cadre privilégié au septième art. Fin observateur de la réalité politique de son pays, Nanni Moretti  l’un des réalisateurs Italien actuel le plus important réalise en 2006 « Le caïman » portrait détourné mais sans concession des pratiques et des mœurs politiques de « Silvio Berlusconi ».

io sono l'amore« Amore »(Io sono l’amore) de Luca Guadagnino réalisé en 2009 met en scène une famille d’industriel du textiles dans le cadre de leur riche demeure Milanaise. Le film peut faire référence aussi bien au « Théorème » de Pasolini qu’aux fresques familiales chères à Luchino Visconti. Dans un registre plus intimiste il faut encore citer en 2010 «  Ce que je veux le plus » du réalisateur Milanais Sylvio Soldini ou «  Happy family » de Gabriel Salvatores.

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